Éducation artistique et culturelle

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créé le 26 septembre 2013, mis à jour le 20 décembre 2013

Données factuelles

L’éducation artistique est une préoccupation de CdF depuis sa création. Forte de la conviction que la démocratisation de l’accès à la culture et à la pratique artistique passait forcément par une forte présence de l’éducation artistique à l’école, l’association a produit de nombreux textes, projets, réflexions sur le sujet : Horizon 2010, (proposition de dispositif « musique à l’école » généralisé sur l’ensemble du territoire, élaborée dans les années 90), dossier sur l’éducation artistique (Blog-Note[s] n°38 - 2010), enquête sur la place des musiciens-intervenants dans les écoles de musique (2003).

Conservatoires de France a également suivi avec une attention particulière les évolutions des textes et dispositifs proposés par le ministère de l’Éducation Nationale, réagissant régulièrement pour signaler les avancées (comme par exemple le plan Lang-Tasca) ou au contraire déplorer les retours en arrière ou les situations de blocage, et pour rappeler régulièrement le caractère essentiel du rôle des musiciens-intervenants. En effet, l’association a toujours souligné la qualité de la formation dispensée dans les CFMI, exprimé son attachement à la présence de musiciens-intervenants comme acteurs privilégiés de l’éducation artistique, et la pertinence de faire reposer sur ces personnels porteurs d’une « double culture » les liens entre l’enseignement général et l’enseignement spécialisé. Ce positionnement nous a notamment amenés à pointer, à chaque nouveau texte élaboré par le ministère de l’Éducation Nationale, l’absence de toute mention à l’existence du DUMI et des musiciens-intervenants, alors même qu’ils sont formés et diplômés sous la double tutelle Culture-Éducation Nationale.

L’association a donc accueilli à nouveau avec beaucoup d’espoir la priorité à l’éducation artistique et culturelle affichée par le gouvernement. Une consultation, confiée à un comité de pilotage coordonné par Marie Desplechin, a conduit CdF à proposer une contribution écrite. Cette consultation a abouti à un rapport comportant un certain nombre de préconisations.
Après la phase de consultation, la mise en place de cette politique de développement de l’Éducation Artistique et Culturelle portée par les deux ministères, s’appuie sur un certain nombre de textes et de circulaires, et s’accompagne d’une importante littérature de la part de nombreux acteurs du monde de la culture et des arts.

Cette mise en place s’appuie sur deux principes : sur la forme, une notion de parcours qui permette à chaque jeune d’identifier et de construire un cheminement dans la découverte des arts et de la culture en prenant en compte aussi bien ce qu’il fait à l’école (dans le cadre scolaire ou périscolaire) qu’en dehors de l’institution scolaire. Sur le fond, l’Éducation Artistique et Culturelle repose sur un trépied comprenant la découverte des œuvres (par leur présentation ou par la rencontre avec les artistes), la pratique artistique (en lien avec celles-ci) et la connaissance qui s’y rapporte (en lien avec l’histoire des arts notamment). Les enseignants de l’Éducation Nationale sont invités à s’appuyer sur les structures culturelles locales pour la mise en place de ces parcours ; le ministère de la Culture, quant à lui, propose que les artistes souhaitant participer à ces projets, soient rattachés à une structure identifiée pour faciliter les questions d’agrément par les DRAC.

Ce qui a changé

21 novembre 2012 : création du comité de pilotage de la consultation nationale sur l’éducation artistique et culturelle. Présidé par l’écrivain Marie Desplechin, ce comité est composé d’élus et de personnalités du monde de la culture, de la recherche et de l’éducation. Le rapport du comité est paru deux mois plus tard (janvier 2013).

Décembre 2012 : dans le cadre de cette consultation, communication écrite de CdF. Les idées, valeurs, réflexions que nous y défendons ont également été portées par le CANOPEEA, dont plusieurs associations fondatrices (Conseil des CFMI, Arts Vivants et Départements, Culture et Départements) ont été auditionnées par le comité.

7 février 2013 : motion concernant l’éducation artistique, adoptée à l’assemblée générale de CdF (Cité de la Musique de Marseille), et adressée à Jean-Marc Ayrault, premier ministre, avec copie à Vincent Peillon, ministre de l’éducation nationale, et Aurélie Filippetti, ministre de la culture et de la communication.

11 avril 2013 : entretien avec Laurent Dréano, conseiller en charge du spectacle au cabinet de la ministre de la culture et de la communication, au cours duquel a été abordée, entre autres, la question de l’éducation artistique et culturelle.

11 juillet 2013 : lettre ouverte à Aurélie Filippetti, ministre de la culture et de la communication, concernant l’éducation artistique. Diffusion large à l’automne 2013.

Décembre 2013 : installation par Aurélie Filippetti et Vincent Peillon du Haut conseil de l'éducation artistique et culturelle dans une nouvelle composition.

CANOPÉEA publie sur son site Internet un dossier évolutif sur l'éducation artistique et culturelle.

Notre avis

Conservatoires de France ne peut qu’être en accord avec les principes présentés ci-dessus, mais porte une vigilance particulière aux questions suivantes :

  • Si la notion de parcours est intéressante par le fait qu’elle place vraiment le sujet au centre de sa propre vie artistique, il est important qu’il prenne bien en compte chaque individu dans sa globalité, et ne segmente pas sa vie entre vie scolaire et ce qu’il vit en dehors de l’école.
  • La nécessité de respecter un équilibre entre les trois composantes (rapport aux œuvres, connaissance, pratique) et que les uns se nourrissent bien des autres et ne soient pas que de simples faire-valoir, ou des alibis sans réel intérêt.
  • La difficulté de concilier la recherche d’une grande diversité dans les modes d’expression artistique proposées avec le danger d’un éparpillement ne permettant pas aux enfants –et notamment les plus jeunes- de construire les compétences fondamentales nécessaires à une pratique artistique qui dépasse la seule découverte.
  • L’utilité d’une médiation entre les artistes et les jeunes : si certains artistes ont la capacité à assurer leur propre médiation, ils n’en ont pas tous l’envie, ni la compétence, et il serait réducteur de faire entrer dans les critères de sélection de ces artistes la capacité à être leur propre médiateur. Pour la musique, l’existence du métier de musicien-intervenant, dont les compétences de médiateurs, de facilitateurs de l’accès à la musique ne sont plus à démontrer, est un atout tout à fait essentiel, et il serait sans doute utile non seulement de leur donner une large place dans les dispositifs d’Éducation Artistique et Culturelle mais également de prendre exemple sur ce métier pour créer des équivalents dans tous les arts.
  • L’attention à porter à la question économique : si la place donnée aux artistes dans ces dispositifs pourrait contribuer à développer l’emploi culturel, il serait dangereux de laisser croire (comme on a pu l’entendre ici ou là) que la relance de l’Éducation Artistique permettrait de régler le problème de l’intermittence. Sans occulter l’aspect économique de ce projet, il est important de ne pas fausser la future relation entre les artistes et l’école, relation qui doit naître d’une nécessité artistique et non d’une nécessité matérielle.

Par ailleurs, dès l’annonce de ce plan de développement de l’Éducation Artistique et Culturelle, Conservatoires de France a exprimé sa conviction qu’il était absolument nécessaire qu’une structure interministérielle soit mise en place : une motion votée par l’AG en février 2013, un entretien avec le cabinet de la ministre de la culture et de la communication suivie d’une lettre ouverte à la même ministre nous ont permis de réaffirmer que, pour que dans chaque territoire, les structures éducatives et culturelles travaillent dans un vrai esprit de collaboration, il est absolument indispensable que l’État montre l’exemple en faisant réellement travailler les deux ministères concernés dans un réel partenariat.

Enfin, Conservatoires de France attache une importance particulière au fait qu’il s’agit bien de développer l’Éducation Artistique et Culturelle pour tous, ce qui sous-entend une volonté de généralisation et non plus comme une somme d'expériences originales mais inévitablement limitées.